Le client
Un détaillant de laine et de tricot du Québec, avec des boutiques et une boutique en ligne Shopify en français et en anglais. On gère sa publicité Meta (Facebook et Instagram) depuis le printemps 2025. Le budget publicitaire est important, donc la qualité des données que Meta reçoit l’est aussi : c’est avec ces données que Meta choisit à qui montrer les publicités.
Le défi
Avant le projet, les données partaient vers Meta par le canal Facebook et Instagram intégré à Shopify. Ça fonctionnait, mais :
- Aucun contrôle ni visibilité sur ce qui était envoyé à Meta, ni sur la façon dont les doublons étaient gérés.
- Les bloqueurs de publicité et les navigateurs limitent de plus en plus les témoins et les scripts de Meta, ce qui fait perdre des ventes au suivi.
- Les événements automatiques de Meta ajoutaient du bruit (des clics de boutons comptés comme des événements).
- La Loi 25 : Meta, c’est du profilage publicitaire, donc rien ne doit partir sans le consentement du client.
- Un suivi Google Analytics géré par un autre consultant qu’on ne devait pas toucher.
Ce qu’on a fait
- Audit du suivi en place : chaque pixel, chaque conteneur Google Tag Manager, la bannière de consentement et la façon dont Meta recevait les achats.
- Un serveur de suivi au Canada avec Stape (région Canada Est), branché sur un sous-domaine du site. Les données passent par le domaine du client avant d’aller à Meta, et restent sur un serveur au Canada, ce qui se défend bien sous la Loi 25.
- Deux conteneurs Google Tag Manager dédiés à Meta, un dans le navigateur et un sur le serveur, séparés du suivi Google Analytics existant pour ne rien briser.
- Sept événements des deux côtés : pages vues, produits vus, recherches, ajouts au panier, débuts de paiement, informations de paiement et achats. Chaque événement part du navigateur et du serveur avec le même identifiant, pour que Meta le compte une seule fois.
- Consentement d’abord : le pixel de la caisse ne se charge que si le client accepte les témoins marketing.
- Événements automatiques de Meta désactivés pour garder seulement des événements qu’on contrôle.
- Tests en conditions réelles : une commande en français et une en anglais, vérifiées dans Meta et dans les journaux du serveur, puis annulées.
- Mise en ligne en moins d’une heure : on a coupé le partage de données du canal Shopify au moment d’activer le nouveau suivi, pour éviter que Meta reçoive deux fois chaque achat.
Ce qui a accroché (et comment on l’a réglé)
Les ajouts au panier comptés deux fois
Le thème envoyait deux fois le même ajout au panier à chaque clic. On a ajouté un filtre qui laisse passer seulement le premier de deux envois identiques à quelques secondes d’intervalle. Les paires restantes sont passées d’environ 100 % des clics à environ 8 %, surtout de vrais ajouts rapides.
La caisse Shopify est invisible en mode aperçu
Shopify fait tourner le suivi de la caisse dans un cadre isolé, sans témoins. Les outils d’aperçu de Google Tag Manager ne peuvent pas s’y brancher. On a reproduit cet environnement pour confirmer que les envois partaient quand même, puis vérifié la caisse en production dans les journaux du serveur et dans Meta.
Un réglage qui pointait vers le mauvais site
L’adresse du serveur de suivi pointait vers le site principal au lieu du sous-domaine de suivi. Corrigé le jour des tests.
Les résultats
| Résultat | |
|---|---|
| Envois du serveur refusés par Meta | 0 |
| Achats envoyés par le serveur | 68 commandes uniques |
| Achats avec le courriel du client | 100 % |
| Commandes en ligne couvertes | Environ 7 sur 10 (les autres : surtout des produits gratuits et des clients qui refusent les témoins marketing) |
| Ajouts au panier comptés en double | D’environ 100 % à environ 8 % |
Ce qu’on en retient
Moins de ventes envoyées, mais les bonnes
Un suivi qui respecte le consentement n’envoie pas tout à Meta. C’est voulu. Ce qui compte, c’est que chaque achat envoyé soit complet, sans doublon, et bien relié au client.
Isoler Meta protège le reste
Garder Meta dans ses propres conteneurs a permis de tout installer sans toucher au suivi Google Analytics d’un autre consultant. Et le retour en arrière tient en trois clics.
On juge Meta sur Meta et sur les ventes réelles
Google Analytics sous-compte toujours les ventes venues de Meta. On suit les achats dans le Gestionnaire de publicités et le rapport entre les ventes en ligne totales et les dépenses publicitaires.